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| Participation à la revue le Passant Ordinaire |
| (Le Passant Ordinaire, n° 51) |
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Thème l'inhumain
Le Passant Ordinaire choisit à son tour de s'interroger sur l'inhumain. Dominée depuis plus d'un demi-siècle par le traumatisme considérable de l'extermination des Juifs d'Europe, et souvent réduite à elle, cette dimension demande à être revisitée au travers de sa permanence et de son aspect protéiforme. À ce titre, aucune de ses manifestations ne saurait a priori être écartée du champ d'investigation, depuis la démesure de son aspect collectif (tous les programmes d'anéantissement de l'homme : épurations, génocides…) jusqu'à ses inquiétantes proliférations dans le quotidien (marginalité, maltraitance…).
L'essentiel n'est évidemment pas de dénoncer (il est assez facile de s'indigner), même si la sidération devant " ce dont l'homme est capable " constitue une étape inévitable de toute prise de conscience. Mais au vu des leçons anthropologiques tirées de l'analyse historique et de l'enquête psychologique et sociologique de la " banalité du mal ", ne faudrait-il pas précisément faire entrer dans la définition globale de l'humain tout ce qui en était exclu dans la pensée dominante, que ce soit au niveau des représentations philosophiques et idéologiques ou du langage lui-même ? L'inhumain n'est-il pas, absolument et exclusivement, le fait de l'homme seul, qui signe dans ce trait de langage, sa disposition fondamentale au déni, au rejet hors de lui de tout ce qui le caractérise le plus clairement, comme un être étranger à lui-même et à toutes les représentations par lesquelles il s'appréhende à son avantage ? À la définition de l'homme comme être de raison, n'est-il pas temps d'ajouter celle de l'homme comme être qui torture, assassine et ment en déniant ses propres actes ? N'en est-il pas de même pour l'être qui trouve également dans la folie l'une des issues possibles à une situation structurellement contradictoire ? Face à cette complexité, c'est l'idée même d'essence ou de nature qui vacille et s'entrouvre.
Dans ce numéro nous voudrions tenter une sorte de cartographie de l'inhumain au travers de ce qui le caractérise (l'impensable, la barbarie, l'obscène, l'abject, etc.) et partir en reconnaissance dans le maquis de ses manifestations. On ne s'interdira certes pas d'évaluer les valeurs sur lesquelles se fonde la révolte qu'il suscite (l'humanisme est-il encore possible face à l'inhumain ?), ce qu'on lui oppose en vain (l'érection de la démocratie comme modèle, la promotion des droits de l'homme, la sanction du crime contre l'humanité, le développement du concept de dignité humaine…) ou ce qui corrige modestement ses conséquences (l'humanitaire sert-il l'humain ?). Mais ne faudrait-il pas laisser surgir de l'infernale logique de l'inhumanité un seuil : celui de l'intolérable à partir duquel des résistances inédites pourraient s'inventer ?
Faut-il repartir des constatations canoniques : " mal radical " (Kant), " banalité du mal " (Arendt)… ? L'inhumanité fait-elle constater aujourd'hui que ce mal, peut-être devenu autoperformant (Baudrillard), serait endémique ? Peut-on au contraire s'affranchir de l'" immonde mondial " (Granel) ? Existe-t-il une part irréductible de l'humain qui permet encore d'être " humainement " au monde ?
Ou ne pourrait-on sortir définitivement des définitions individualistes de l'homme et de l'humain pour se poser au contraire la question de la collectivité et de la transindividualité comme horizon irréductible de l'humain et de l'inhumain toujours intriqués ?
Nous invitons à traiter ces questions tout à la fois anthropologiques, psychologiques, philosophiques, juridiques, sociales et politiques par le biais de l'intervention théorique (études, entretiens), de la mise en récit, de la fiction, de la poésie, ou encore des arts plastiques, etc. Bien entendu, il nous faudra également envisager les manières dont l'art " représente " et dit l'inhumain...
Bouclage de ce numéro 51 du Passant Ordinaire le 30/03/06.
Format des textes : 5 000, 10 000, 15 000 et 20 000 signes (espaces compris) soit 3, 6, 10 ou 13 feuillets.
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| (Le Passant Ordinaire, n° 51) |
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The Inhuman
Le Passant Ordinaire has chosen in turn to enquire into the inhuman. After having been dominated for over half a century by the considerable trauma of the extermination of European Jews, and often been reduced to it, this notion needs to be re-examined in its permanency and protean aspect. As such, none of its appearances should a priori be excluded from our field of investigation, from the excessiveness of its collective aspect (all schedules of man-annihilation : ethnic cleansing , genocides...) to its disturbing daily proliferation ( marginality, abuse...).
The main point is obviously not to denounce (it is easy enough to express indignation), even though being staggered at "what man is capable of doing" constitutes an unavoidable step towards awareness. But considering the anthropological lessons drawn from historical analysis and from a psychological and sociological enquiry into the "banality of evil", should we not include in a global definition of the human all that used to be excluded from it in the prevailing mode of thinking, whether it comes to philosophical and ideological representation or to language itself ? Is not the inhuman, entirely and exclusively, peculiar to humanity itself, which through this peculiar trope points thus at its fundamental tendency to denial, expelling from itself all that most clearly marks it out, as if it were irrelevant to itself and to all representations through which it considers itself from the most favorable angle ? To the definition of man as a rational being, is it not time to add that of man as a being who tortures, murders and lies while denying his own acts ? What about the individual who also finds in insanity a possible escape from a fundamentally contradictory situation ? In the light of such complexity, the idea of essence or nature itself is open to question and comes apart.
The purpose of this new issue would be to map the inhuman through what characterizes it (the unthinkable, the barbaric, the obscene, the despicable, etc.) and to reconnoitre its multifarious manifestations. This should certainly not keep us from assessing the values upon which the revolt against it is based (is humanism still possible in face of the inhuman ?), what we set against it in vain (setting up democracy as a paragon, the promotion of human rights, the punishment of crime against humanity, the development of the concept of human dignity...) or what limitedly mends its consequences (does the humanitarian serve the human ?). But should a threshold not be allowed to arise from the infernal logic of inhumanity : that of the intolerable, from which new resistances could be devised ?
Should we start all over again with the canonical "consubstantial evil" (Kant), "banality of evil" (Arendt) ... ? Today does inhumanity bring us to note that evil, which has perhaps become self-effective (Baudrillard), is endemic ? Can we on the contrary free ourselves from the "immonde mondial" (Granel) -literally "the worldwide non-world" ? Is there such a thing as an irreducible part of the human which still allows us to be "humane" in this world ? Or rather couldn't we get out, once and for all, of individualistic definitions of man and the human and conversely investigate the idea of community and trans-individuality as an insuperable horizon to the indissociable pair formed by the human and the inhuman ?
We invite you to handle these altogether anthropological, psychological, philosophical, legal, social and political matters via theoretical intervention (studies, discussions), narrative, fiction, poetry or plastic art, etc. It is clear that the way art looks at and "represents" the inhuman cannot be dismissed.
Le Passant
Deadline for submissions for Issue n° 51 of Passant Ordinaire is 30/03/06.
The length of texts must be 5000, 10000, 15000 or 20000 characters
including spaces.
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| (Le Passant Ordinaire, n° 51) |
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L'INUMANO
Le Passant Ordinaire sceglie a sua volta di interrogarsi sull'inumano. Dominata da più di un mezzo secolo dal notevole trauma dello sterminio degli ebrei d'Europa, e spesso ridotta a questo, tale dimensione va rivisitata attraverso il suo perdurare e il suo aspetto proteiforme. Perciò, nessuna delle sue manifestazioni potrebbe a priori essere scartata dal campo investigativo, a cominciare dalla dismisura del suo aspetto collettivo (tutti i programmi di annientamento dell'uomo: epurazioni, genocidi...) fino al suo inquietante proliferarsi nella quotidianità (emarginazione, maltrattamento...).
Ovviamente l'essenziale non è la denuncia (è abbastanza facile indignarsi), anche se lo sbalordimento di fronte a "quello che l'uomo è capace di fare" costituisce una tappa inevitabile di ogni presa di coscienza. Ma viste e considerate le lezioni antropologiche tratte dall'analisi storica e dall'indagine psicologica e sociologica della "banalità del male", non sarebbe precisamente opportuno fare subentrare nella definizione globale dell'umano tutto quello che ne veniva escluso nel pensiero dominante, sia al livello delle rappresentazioni filosofiche e ideologiche, sia a quello del linguaggio stesso? Non è l'inumano assolutamente ed esclusivamente il fatto dell' uomo solo che suggella, con questo tratto di linguaggio, la sua disposizione fondamentale al diniego, all'espellere fuori da sé tutto ciò che lo caratterizza con maggior chiarezza come un essere estraneo a se stesso e a tutte le rappresentazioni attraverso le quali si circoscrive a suo vantaggio? Alla definizione dell'uomo in quanto essere ragionevole, non è il caso ora di aggiungere quella dell'uomo in quanto essere che tortura, assassina e mente negando i propri atti? Non vale lo stesso per l'essere umano che trova anche nella follia una delle possibili vie d'uscita ad una situazione strutturalmente contraddittoria? Di fronte a questa complessità, l'idea stessa di essenza o di indole vacilla e si socchiude.
In questo numero, vorremmo tentare una specie di cartografia dell'inumano attraverso ciò che lo caratterizza (l'impensabile, la barbarie, l'osceno, l'abietto, ecc.) e metterci in cerca delle sue manifestazioni. Ci consentiremo anche di valutare i valori su cui si fonda la rivolta che esso suscita (è ancora possibile l'umanesimo di fronte all'inumano?), di valutare ciò che gli viene opposto invano (l'erigersi della democrazia come modello, il promuovere i diritti dell'uomo, la sanzione del crimine contro l'umanità, lo sviluppo del concetto di dignità umana...) o ciò che corregge modestamente le sue conseguenze (l'umanitario serve l'umano?). Ma non occorrebbe lasciare sorgere dall'infernale logica dell'inumanità una soglia: quella dell'intollerabile a partire dal quale si possano inventare resistenze inedite ?
Bisogna ripartire dalle osservazioni canoniche: "male radicale" (Kant), "banalità del male" (Arendt)...? Consente l'inumanità di constatare oggi che questo male, diventato forse autoperformativo (Baudrillard), è magari endemico? Ci si può al contrario affrancare dall' "immondo mondiale" (Granel)? Esiste una parte irriducibile dell'umano che permetta ancora di essere "umanamente" al mondo?
Oppure non si potrebbe uscire definitivamente dalle definizioni individualistiche dell'uomo e dell'umano per porsi invece la questione della collettività e della trasindividualità come orizzonte irriducibile dell'umano e dell'inumano sempre intricati?
Invitiamo a trattare questi quesiti al tempo stesso antropologici, psicologici, filosofici, giuridici, sociali e politici tramite l'intervento teorico (studi, colloqui), il racconto, la finzione, la poesia o le arti plastiche, ecc. Ovviamente, sarà anche opportuno intravedere come l'arte "rappresenti" e dica l'inumano...
Le Passant
Traduit par Christel Sabathier
Avec la participation de Michele Angelica et Alba Devicenti
Chiusura stampa n°51 il 30/03/06
Formato testi: 5.000, 10 000, 15 000 e 20 000 segni (spazi compresi) ossia 3, 6, 10 o 13 fogli.
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| (Le Passant Ordinaire, n° 51) |
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O DESUMANO
O Transeunte Vulgar escolheu interrogar-se sobre o desumano. Dominada há mais de meio século pelo traumatismo considerável da exterminação dos judeus da Europa, e frequentemente reduzida a ela, esta dimensão exige ser revisitada através da sua permanência e das suas transformações. Assim, nenhuma dessas manifestações será a priori afastada do campo de investigação, desde a desmesura do seu aspecto colectivo (todos os programas de aniquilamento do homem: purgas, genocídios...) até às suas inquietantes proliferações no quotidiano (marginalidade, maus tratos...)
O essencial não é evidentemente a denúncia (é fácil indignarmo-nos), apesar de o espanto face "àquilo de que o homem é capaz" constituir uma etapa inevitável de toda a tomada de consciência. Mas perante as lições antropológicas provenientes da análise histórica e da investigação psicológica e sociológica da "banalidade do mal", não seria conveniente incluir na definição global do homem tudo aquilo que foi excluído no pensamento dominante, tanto ao nível das representações filosóficas e ideológicas como da própria linguagem? Não será o desumano, absoluta e exclusivamente, uma característica exclusiva do homem, que com esse termo assinala a sua predisposição fundamental para recusa, para a expulsão para fora de si próprio de tudo o que o caracteriza mais claramente como um ser estranho a si próprio e a todas as representações através das quais se concebe de forma favorável? Não terá chegado o momento de acrescentar à definição do homem como ser racional a do homem como ser que tortura, assassina e mente, negando os seus próprios actos? Não se passa o mesmo em relação ao ser que encontra também na loucura uma das saídas possíveis para uma situação estruturalmente contraditória? Perante esta complexidade, é a própria ideia de essência ou de natureza que vacila e que se esboroa.
Nesse número gostaríamos de tentar uma espécie de cartografia do desumano através daquilo que o caracteriza (o impensável, a barbárie, o obsceno, o abjecto, etc...) e explorar o labirinto das suas manifestações. Não deixaremos de avaliar os valores sobre os quais se baseia a revolta que o desumano suscita (o humanismo será ainda possível face ao desumano?), aquilo que em vão lhe é oposto (a construção da democracia como padrão, a promoção dos direitos do homem, a sanção do crime contra a humanidade, o desenvolvimento do conceito de dignidade humana...) ou aquilo que corrige modestamente suas consequências (o humanitário serve o humano?). Mas não seria conveniente marcar um limite à lógica infernal do desumano: o do intolerável, a partir do qual poderiam inventar-se resistências inéditas?
Será necessário regressar às constatações canónicas: "mal radical" (Kant), "banalidade do mal" (Arendt)...? A desumanidade levar-nos-á hoje a constatar que esse mal tornado eficaz (Baudrillard) é talvez endémico? Poderemos, pelo contrário, libertarmo-nos do "imundo mundial" (Granel)? Existirá ainda uma parte irredutível do humano que permite ainda viver "humanamente" no mundo?
Ou teremos que voltar definitivamente as costas às definições individualistas do homem e do humano para, pelo contrário, colocarmos a questão da colectividade e da trans-individualidade como horizonte irredutível do humano e do desumano, para sempre imbricadas?
Convidamo-vos a debater estas questões simultaneamente antropológicas, psicológicas, filosóficas, jurídicas, sociais e políticas, recorrendo à intervenção teórica (estudos, entrevistas), à narrativa, à ficção, à poesia, ou ainda às artes plásticas, etc. Teremos também que considerar as formas pelas quais a arte "representa" e exprime o desumano...
O Transeunte
Traduction Aurélia Ferrière
Avec la participation de Anne Corrêa Guedes, Gildas Le Gall et Manuela Mendoça Torres
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| (51. Ausgabe des Passant Ordinaire)
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DAS UNMENSCHLICHE
Der Passant Ordinaire beschliebt, das Unmenschliche als Kernfrage zu behandeln. Diese Frage, die seit über 50 Jahre vom erheblichen Trauma des jüdischen Völkermords beherrscht und häufig darauf reduziert wird, muss aufgrund ihrer Permanenz sowie ihrer vielfältigen Aspekte gründlich untersucht werden. Daher wird a priori keiner ihrer Aspekte in unserer Untersuchung unberücksichtigt bleiben - von ihrer Mablosigkeit auf kollektiver Ebene (alle programmierten Massenmorde, wie z.B. Säuberung, Völkermorde, sind zu beachten) bis zu ihrer beunruhigenden Verbreitung im Alltag (z.B. Ausschluss aus der Gesellschaft, schlechte Behandlung).
Es reicht natürlich nicht aus, Missstände anzuprangern (es ist ziemlich leicht, sich zu entrüsten), selbst wenn jeder, der sich über "alles, zu dem der Mensch fähig ist" entrüstet, sich des Unmenschlichen bewusst wird. Doch sollten wir angesichts der anthropologischen Lehren aus der geschichtlichen Analyse und der psychologischen und soziologischen Untersuchung der "Banalität des Bösen" nicht alles, was in der bisher vorherrschenden Denkart ausgeschlossen wurde, in die allgemeine Definition des Menschlichen einschlieben - sei es auf dem Gebiet der philosophischen und ideologischen Vorstellungen oder auf dem der Sprache selbst. Ist das Unmenschliche nicht absolut und ausschlieblich eine Eigenschaft des Menschen, der als einziges sprechendes Wesen von Natur aus grundsätzlich ein Neinsager ist und alles, was ihn am klarsten kennzeichnet, von sich weist - wie ein sich selbst fremd gewordener Mensch, der keinen vorteilhaften Definitionen entspricht? Ist es nicht an der Zeit, neben die Definition des verstandesfähigen Menschen diejenige des Menschen, der Folterung, Mord und Lüge begeht, hinzuzufügen? Geht es dem Menschen, der vor dieser strukturell widersprüchlichen Situation in den Wahn flieht, nicht genauso? Vor einer solchen Komplexität schwankt die Idee des Wesens oder des Seins und eröffnet somit neue Überlegungswege.
In dieser Ausgabe möchten wir soweit wie möglich eine Klassifizierung des Unmenschlichen durch alles, was es kennzeichnet (das Undenkbare, die Grausamkeit, das Obszöne, das Niederträchtige), vornehmen und auf seine vielfältigen Ausdrücke eingehen. Wir werden überdies auch die Werte schätzen, auf denen die durch das Unmenschliche verursachte Entrüstung basiert (ist der Humanismus angesichts des Unmenschlichen noch möglich?), mit welchen vielleicht doch fruchtlosen Mitteln man das Unmenschliche bekämpft (die Errichtung der Demokratie als Modell, die Förderung der menschlichen Rechte, die Bestrafung der Verbrechen gegen die Menschlichkeit, die Entwicklung des Konzepts der menschlichen Würde ...) oder auch, was seine Konsequenzen bescheiden mildern kann (dient das Humanitäre dem Menschlichen?). Aber sollten wir nicht eine Grenze in der teuflischen Logik der Unmenschlichkeit errichten? Da, wo es unzulässig wird, fangen neu zu erfindende Widerstände an.
Sollen wir von den wohlbekannten Behauptungen wiederausgehen : "das radicale Böse" (Kant), "die Banalität des Bösen" (Arendt) usw.? Sollen wir heutzutage infolge der Unmenschlichkeit nicht feststellen, dass dieses Böse, das sich selbst vielleicht fordert (Baudrillard), sich schneller verbreiten könnte? Können wir uns im Gegensatz dazu von dieser schrecklichen Welt befreien (Granel)? Bleibt dies ein unbeugsamer Teil des Menschen, der uns als "menschliche" Menschen weiterexistieren lässt?
Oder können wir vielmehr die individualistischen Definitionen des Menschen und des Menschlichen unberücksichtigt lassen und im Gegenteil die des Kollektiven und der Mitmenschlichkeit als notwendigen Horizont des Menschlichen zusammen mit dem Unmenschlichen in Frage stellen?
Wir laden Sie ein, diese anthropologischen, psychologischen, philosophischen, juristischen, sozialen und politischen Fragen durch die Theorie (Studien, Unterhaltungen), die Erzählung, die Fiktion, die Dichtung oder auch die Künste usw. zu behandeln. Wir sollten auch berücksichtigen, wie die Kunst das Unmenschliche "darstellt" und zum Ausdruck bringt.
Le Passant
Traduit par Christine Camera
Fertigstellung der 51. Ausgabe des Passant Ordinaire am 30/03/06
Textformat: 5.000, 10.000, 15.000 und 20.000 Zeichen (Leerstellen inbegriffen), das entspricht 3, 6, 10 bzw. 13 Blättern.
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(Le Passant Ordinaire, n° 51)
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Lo Inhumano
El Passant Ordinaire elige en esta ocasión interrogarse sobre lo inhumano. Dominada desde hace más de medio siglo por el considerable trauma del exterminio de los judíos de Europa, y a menudo reducida a ello, esta dimensión requiere ser revisitada a través de su permanencia y de su aspecto proteiforme. Al respecto, no cabe descartar a priori del campo de investigación ninguna de estas manifestaciones, desde la desmesura de su aspecto colectivo (todos los programas de aniquilación del hombre: depuraciones, genocidios...) hasta sus preocupantes proliferaciones en lo cotidiano (marginalidad, malos tratos...)
Lo esencial no está obviamente en denunciar (es bastante fácil indignarse), si bien la estupefacción ante "lo que es capaz de hacer el hombre" constituye una etapa ineludible para cualquier toma de conciencia. Pero en vista de las lecciones antropológicas sacadas del análisis histórico y de la investigación psicológica y sociológica de la "banalidad del mal", ¿no cabría precisamente integrar en la definición de lo humano cuanto estaba excluido de ella en el pensamiento dominante, bien sea a nivel de las representaciones filosóficas e ideológicas, bien sea a nivel del propio lenguaje? ¿No es lo inhumano, absoluta y exclusivamente, cosa del hombre únicamente, quien firma en esta característica del lenguaje, su fundamental disposición a la denegación, al rechazo fuera de sí de cuanto lo caracteriza más claramente, como un ser extraño a sí mismo y a todas las representaciones por las cuales él se aprehende en su mejor aspecto? A la definición del hombre como ser razonable, ¿no es hora ya de añadirle la del hombre como ser que tortura, asesina y miente al negar sus propios actos? ¿No le pasa otro tanto al ser que encuentra también en su locura una de las respuestas posibles a una situación estructuralmente contradictoria? Frente a esta complejidad, es la propia idea de esencia o de naturaleza la que vacila y se entreabre.
En este número quisiéramos intentar hacer una especie de cartografía de lo inhumano a través de lo que lo caracteriza (lo impensable, la barbarie, lo obsceno, lo abyecto, etc.) y partir reconociéndolo en el embrollo de sus manifestaciones. Claro que no se impedirá evaluar los valores sobre los que se funda la revuelta que suscita (¿Todavía es posible el humanismo frente a lo inhumano?), lo que en vano se le opone (la erección de la democracia como modelo, la promoción de los derechos humanos, la sanción al crimen de lesa humanidad, el desarrollo del concepto de dignidad humana...) o lo que corrige modestamente sus consecuencias (¿la ayuda humanitaria sirve al hombre?). Pero ¿no cabría dejar que surgiera de la infernal lógica de la inhumanidad un umbral: el de lo intolerable a partir del cual podrían inventarse resistencias inéditas?
¿Habrá que retomar las constataciones canónicas: "mal radical" (Kant), "banalidad del mal" (Arendt)...? ¿Permite la inhumanidad poner de manifiesto el que este mal, tal vez vuelto autoeficiente (Baudrillard), se haya vuelto endémico? ¿Podemos al contrario deshacernos de lo "inmundo mundial" (Granel)? ¿Existe una parte irreductible de lo humano que permita aún estar "humanamente" en el mundo?
¿O no se podría salir definitivamente de las definiciones individualistas del hombre y de lo humano para hacerse al contrario la pregunta de la colectividad y de la transindividualidad como horizonte irreductible de lo humano y de lo inhumano siempre entremezclados.?
Invitamos a tratar estas cuestiones a un tiempo antropológicas, psicológicas, jurídicas, sociales y políticas mediante el sesgo de la intervención teórica (estudios, entrevistas), de la transposición al relato, de la ficción, de la poesía, o incluso de las artes plásticas, etc. Por supuesto, también tendremos que contemplar las formas en que el arte "representa" y dice lo inhumano...
Le Passant
Traduit par David Escobar
Cierre de este número 51 del Passant Ordinaire el 30/03/06.
Formato de los textos: 5 000, 10 000, 15 000 y 20 000 caracteres (espacios incluidos) o sea 3, 6, 10 ó 13 folios.
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