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Retour © Passant n°36 [septembre 2001 - octobre 2001] par Stéphanie Benson Que faire ?Que faire ?
Tu me demandes que faire ? Mais il n’y a rien à faire, mon chéri. A part regarder - nez écrasé contre vitre blindée - Le monde courir à sa folie. Tu voudrais - je sais - intervenir. Leur dire - mais crois-tu vraiment Qu’ils ne le savent pas déjà ? - Ce qu’il conviendrait de mettre en place. Il faut Pour que tout aille mieux Donner plus de bonheur à ceux qui en ont moins. Bien sûr. Quitte à en prendre aux trop heureux. (Mais es-tu sûr d’être assez objectif Pour décider des mérites et de la répartition ?) Il faut abolir l’argent, aussi, puisqu’il ne fait pas - D’après la légende - le bonheur. Le remplacer par le troc, c’est plus sain. Et - tant qu’on y est - empêcher celui que sa nature Pousse à engranger À faire des économies. Ça ne te rappelle rien ? Posséder des SICAV ou des petits pois, où est la différence, la vraie ? On peut aussi décider que son bonheur Passe par l’accumulation, la fructification et le non partage De tous les petits pois du monde. Le problème se densifie. Il faut également, puisqu’on y est, que les gens comprennent, Se rendent compte, changent, aillent chercher leur bonheur ailleurs Que dans les petits pois. Qu’ils revoient à la lueur de leur planche dans l’œil Le monde qu’ils contribuent à pourrir. Les gens. Les autres. Parce que toi, il va de soi, tu as tout compris. Tu es le premier à voir la vie sous cet angle ? Non, mon chéri, désolée, mais d’autres ont vu avant toi. D’autres ont dit à leurs autres à eux Ce qu’il convenait de faire. Tout le monde ne s’est pas lavé les oreilles ce soir. Mais quoi ? Tu es triste ? Tu voudrais - je sais - que tout le monde soit heureux. Aussi heureux que tu le serais s’ils l’étaient. Tu voudrais leur faire partager Ton bonheur à toi. (C’est vraiment un sentiment noble, ça, Ton bonheur passe donc par le collectif ? Les autres doivent être heureux Pour que tu puisses l’être à ton tour ?) Tu voudrais sauver le monde, c’est ça ? Avec ou malgré lui ? Certains veulent en être le maître, et j’avoue que j’ai du mal À voir la différence. On revient toujours à une personne, un groupe, une minorité, Qui pense à la place du peuple. Et si on apprenait plutôt au peuple de penser ? À remettre en cause ceux qui prétendent Savoir à sa place ? Mais cela voudrait dire - eh oui, tu vois - Que tout le monde se nettoie les pavillons. Es-tu prêt à écouter, à entendre, ceux qui te donnent tort ? Cela voudrait dire aussi - et ce n’est pas rien - Prendre le temps. Accepter de ne pas récolter La gloire de ce qu’on sème. On revient toujours aux petits pois. Allez, ne désespère pas. Arrache ton regard - rien qu’un instant - Aux sommets enneigés de l’altruisme lointain. Je suis là, tout près de toi. Ne prends pas cet air affligé - tu m’avais oubliée ? - Tout cela n’est pas bien grave. Je ne suis que ta conscience, sœur jumelle de ton âme. Mais à présent que tu me vois, si, au lieu de sauver le monde, Tu me sauvais, moi ?
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Soutenez-nous ! Quatre principes et neuf propositions Recevez les infos du Passant L'Autre Campagne : un livre, un site Filmographie Appel national du réseau éducation sans frontières Appel du Conseil National de la Résistance Nouvelle collection Récifs Kit Keuf Uni(e)s contre une immigration jetable Prochain numéro l'inhumain NON LA DOUBLE PEINE N’A PAS ETE ABOLIE ! Avec la loi du 26 novembre 2003, le Ministre de l’Intérieur prétend avoir aboli la « double peine ». Il n’en est rien. Le Passant recherche des traducteurs Se faire soigner sans se faire arrêter La circulaire ministérielle du 21 février 2006 , adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour. Passant Ordinaire n°50 Plusieurs centaines d'ONG et d'élus européens s'opposent à la création de camps Asile donné, asile respecté
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