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Retour © Passant n°42 [septembre 2002 - octobre 2002] par Attiya Dawood L’amour à mortLes femmes pakistanaises et leur droit à disposer de leur corps« Kari », c’est par ce qualificatif – littéralement « noir » – qu’au Pakistan, on désigne, pour les frapper d’ostracisme, les femmes et hommes suspectés d’avoir une relation sexuelle hors mariage. Nombre de ces couples sont encore condamnés à mort par les membres de leur propre famille qui considèrent que leur honneur a été souillé. La poétesse Attiya Dawood, qui par ailleurs, milite pour les droits des femmes, exhorte sa fille à suivre son propre sentiment amoureux et non les dictats d’une majorité étriquée. Ses convictions et déclarations courageuses sont loin de faire l’unanimité au « pays des Purs ».
A ma fille Même s’ils te déclarent kari Et te condamnent à mort, Choisis plutôt la mort, mais vis pour l’amour. Ne fais pas la belle dans sa vitrine de respectabilité Tu dois vivre pour l’amour. Dans le désert des désirs inextinguibles Ne sois pas un cactus, mais vis pour l’amour. Quel pouvoir ont-ils sur toi ? Ils peuvent te lapider à mort Mais toi, en un seul instant, Tu peux atteindre le tout de la vie. Tu dois vivre pour l’amour. Ils peuvent déclarer que c’est un péché. Et alors ? Supporte-le, Mais vis pour l’amour.»
Poète d’expression Sindhi, Attiya Dawood a écrit de nombreux ouvrages (informations : attiyadawood@attiyadawood.com). Le texte ici publié est extrait de Raging to be free, 1995. Nous vous recommandons également la lecture de l’article A family divided sur le site : http://www.time.com/time/asia/. |
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