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Retour © Passant n°50 [octobre 2004 - décembre 2004] Une « voie européenne » vers l’État pénal ? En retraçant la constitution en Amérique de ce nouveau gouvernement de l’insécurité sociale qui marie la « main invisible » du marché du travail dérégulé et l’aide sociale contractualisée au « poing de fer » de l’État punitif, on entre dans le laboratoire vivant de la révolution néolibérale. Car les États-Unis ne se contentent pas d’être la forge et la locomotive du projet néolibéral au plan de l’économie et de l’aide sociale, durant la décennie passée, ils sont aussi devenus les premiers exportateurs mondiaux de « théories », slogans et mesures sécuritaires1. Et la noblesse d’État de l’hexagone est tombée – ou plutôt d’enthousiasme s’est jetée – dans le piège sécuritaire monté outre-Atlantique. Séduite par les « mythes savants » qui l’habillent d’atours rationnels, la France s’est ralliée au « consensus de Washington » en matière de lutte contre le crime, au point de connaître aujourd’hui une bouffée d’inflation carcérale comparable à celle qu’affichaient les États-Unis il y a vingt ans à l’acmé de leur boom pénitentiaire. Il n’est d’ailleurs qu’à examiner les principales dispositions de la loi dite Perben II sur la criminalité promulguée par le parlement français au printemps 2004 – mais la démonstration vaudrait mutatis mutandis pour la loi sur la sécurité quotidienne, dite loi Vaillant, votée le 15 novembre 2001 à l’initiative d’un gouvernement socialiste – pour s’apercevoir de l’influence aussi claire que délétère du modèle étatsunien fondé sur l’intensification de l’activité policière, l’accroissement de la répression judiciaire et l’extension du ressort pénitentiaire. Cette loi controversée qui, fait unique dans les annales de la justice française, a déclenché un mouvement de grève quasi-unanime des professions judiciaires marqué par de solennelles manifestations de rue par les magistrats en robe et hermine, opère une quinzième réforme du code pénal en dix ans sous prétexte d’adapter la procédure judiciaire à l’évolution de la délinquance – mais, curieusement, elle omet la criminalité en col blanc et en écharpe tricolore, dont l’actualité récente a pourtant révélé la recrudescence. (../..)
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Soutenez-nous ! Quatre principes et neuf propositions Recevez les infos du Passant L'Autre Campagne : un livre, un site Filmographie Appel national du réseau éducation sans frontières Appel du Conseil National de la Résistance Nouvelle collection Récifs Kit Keuf Uni(e)s contre une immigration jetable Prochain numéro l'inhumain NON LA DOUBLE PEINE N’A PAS ETE ABOLIE ! Avec la loi du 26 novembre 2003, le Ministre de l’Intérieur prétend avoir aboli la « double peine ». Il n’en est rien. Le Passant recherche des traducteurs Se faire soigner sans se faire arrêter La circulaire ministérielle du 21 février 2006 , adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour. Passant Ordinaire n°50 Plusieurs centaines d'ONG et d'élus européens s'opposent à la création de camps Asile donné, asile respecté
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