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Retour © Passant n°50 [octobre 2004 - décembre 2004] La forme de l’amourAventure érotico-grotesque d’une noble dame piémontaise Si en cette nuit de tempête quelqu’un avait cherché refuge au Palais des Landriani, il se serait immédiatement rendu compte que quelque chose d’étrange était en train de se passer. Toutes les fenêtres – bien qu’il fût presque minuit – étaient éclairées. À l’entrée, le hall était orné d’étoiles de papier d’or et de guirlandes qui montaient jusqu’en haut des escaliers. Une musique très douce venait d’en haut et une voix féminine délicate, presque tremblotante, chantait l’Ave Verum. Le filet de sa voix portait jusqu’à la salle à manger, où une très grande table trônait au milieu de la salle ; deux serviteurs âgés étaient en train de la débarrasser : dans les poubelles, finissaient des restes de calmars grillés, du risotto au safran, des truites truffées, un esturgeon cuit à la vapeur, des poivrons frits, des fruits à l’eau-de-vie, un pain aux raisins et aux fruits confits. À travers la porte grande ouverte, on accédait à une pièce plus intime d’où provenait la musique. On pouvait y voir une crèche peuplée de statuettes en terre cuite, merveilleusement arrangée, jusque dans ses moindres détails. Un village entier était attelé à des travaux quotidiens, même si le ciel étoilé en papier d’argent indiquait qu’il faisait en réalité nuit noire. Près de la crèche se trouvait un piano où jouait et chantait à la gloire du Seigneur la jeune comtesse Maria Ludovica Landriani, née Runci della Riva. Légèrement appesantis par le dîner de la vigile de Noël et néanmoins remplis de pensées dévotes, les autres membres de la famille étaient assis autour d’elle : Goffredo, lieutenant de l’armée de la Maison de Savoie et mari de Ludovica, son frère Vittorio et sa mère Virginia. Maria Ludovica, cette pauvre femme, faisait de son mieux. Durant toute son enfance, elle avait pris des leçons de musique et de chant, mais n’en avait pas tiré grand profit. En réalité, elle ne chantait ni faux ni mal, mais toute mélodie filtrée par sa gorge ou exécutée par ses mains perdait de sa force et – pour ainsi dire – n’avait plus d’âme. Et le son de sa voix, si léger et si doux, menaçait parfois de se perdre dans l’air. La pendule sonna le premier coup de minuit. La comtesse Virginia, avec une lenteur solennelle, sortit l’enfant Jésus d’une petite boîte, et le coucha dans l’étable. Il y eut un instant de recueillement. Rien dans cette scène n’aurait paru étrange, si elle s’était (../..)
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Soutenez-nous ! Quatre principes et neuf propositions Recevez les infos du Passant L'Autre Campagne : un livre, un site Filmographie Appel national du réseau éducation sans frontières Appel du Conseil National de la Résistance Nouvelle collection Récifs Kit Keuf Uni(e)s contre une immigration jetable Prochain numéro l'inhumain NON LA DOUBLE PEINE N’A PAS ETE ABOLIE ! Avec la loi du 26 novembre 2003, le Ministre de l’Intérieur prétend avoir aboli la « double peine ». Il n’en est rien. Le Passant recherche des traducteurs Se faire soigner sans se faire arrêter La circulaire ministérielle du 21 février 2006 , adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d’interpellation des personnes sans titre de séjour. Passant Ordinaire n°50 Plusieurs centaines d'ONG et d'élus européens s'opposent à la création de camps Asile donné, asile respecté
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